La dyslexie développementale est l’un des troubles neurodéveloppementaux les plus fréquents chez l’enfant, affectant la capacité à lire avec précision et fluidité. Ces difficultés peuvent avoir des répercussions importantes sur la scolarité et l’insertion sociale et professionnelle. Parmi les mécanismes cognitifs pouvant expliquer les difficultés de lecture dans la dyslexie, les capacités de détection des erreurs ont été considérées. Un déficit de détection des erreurs a été rapporté dans la dyslexie. Elles apparaissent comme un processus clé pour ajuster son comportement et pourraient permettre d’identifier les erreurs de lecture et d’apprendre de ces erreurs en évitant de les répéter par la suite.
Les chercheurs s’interrogent : les difficultés à détecter les erreurs chez les enfants dyslexiques sont-elles une cause ou une conséquence de la dyslexie ? Et certains profils d’enfants (les enfants présentant une comorbidité avec le TDAH) seraient-ils plus affectés que d’autres ? En effet, un nombre significatif d’enfants dyslexiques, estimé entre 15 et 40 %, présentent également un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ce trouble se caractérise lui aussi par un déficit de détection des erreurs, ce qui permet de se demander si la comorbidité entre les deux troubles pourrait en partie s’expliquer par ce déficit de détection des erreurs.
Pour répondre à ces questions, le projet compare les capacités de détection des erreurs chez des enfants tout-venant, des enfants dyslexiques, des enfants avec TDAH et des enfants présentant les deux troubles. L’approche combine des mesures comportementales et des mesures électrophysiologiques, telles que l’électroencéphalographie (EEG) et l’électromyographie (EMG), pour observer avec précision la manière dont les enfants détectent et corrigent leurs erreurs, que ce soit en lecture ou dans une tâche non verbale.
Une partie de l’étude consiste à entraîner la capacité de détection des erreurs au moyen de feedbacks correctifs sur les erreurs de lecture. Les enfants réaliseront des exercices sur tablette à domicile, afin de tester si un entraînement ciblé peut renforcer les capacités de détection des erreurs. Les chercheurs souhaitent aussi déterminer si cette amélioration des compétences de détection a un impact direct sur les performances en lecture, ouvrant ainsi la voie à des interventions personnalisées pour chaque profil d’enfant.
Porteur de projet : Matthieu BIGNON, postdoctorant au laboratoire SCALab (UMR CNRS 9193) et Gwendoline MAHE, maitresse de conférences à l’Université de Lille et rattachée au laboratoire SCALab (UMR CNRS 9193)
Date de lancement : janvier 2026
Contribution de la Fondation : 4 200 €